Viticulteur
Viticulteur ou vigneron est le métier des personnes qui cultivent la vigne pour produire du vin ou du raisin.
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une tradition vieille de plus de vingt-cinq siècles
Viticulteur ou vigneron est le métier des personnes qui cultivent la vigne pour produire du vin ou du raisin.
Le viticulteur est généralement le chef de l'exploitation viticole et peut selon les cas être aussi caviste, responsable de plusieurs exploitations agricoles, lié à une coopérative ou vigneron indépendant.
Certains distinguent le "viticulteur" du "vigneron" :
- Le "viticulteur" serait celui qui cultive la vigne. Le plus souvent, il apporte le raisin produit à une cave coopérative et ne vinifie pas.
- Le "vigneron" serait celui qui cultive la vigne et vinifie. Il est producteur et le plus souvent dirige sa propre exploitation.
Évolution du métier
Des pépins de vignes préhistoriques sont connus dès le néolithique (-5000 à –2000), en Belgique, en Allemagne, en Italie du Nord, en Suisse (dans les palafittes du lac de Neuchâtel), en France (dans les palafittes du lac du Bourget). Ces pépins sont attribués à Vitis vinifera silvestris. (Claude Vallat).
Les tourbières de Fiave, dans les Alpes italiennes, ont livré des pépins de raisins protohistoriques (vers -2500 ans). Un site lacustre, sur les bords du lac Léman, a permis de retrouver des pépins de raisins datés d'au moins 12 000 ans, témoins de la culture et de l'exploitation de vignes sauvages (lambrusques).
«Le vin n'a pas à être découvert, il était à l'endroit où on cueillait le raisin et où on le déposait même pour un temps particulièrement court dans un récipient capable de retenir son jus. Il y a eu du raisin, et des hommes pour le cueillir depuis plus de deux millions d'années. Il serait étrange que l‘homme préhistorique nomade n'ait jamais eu à observer le phénomène de la vinification… Sans en avoir la preuve définitive, on peut supposer que l'homme de Cro-Magnon, par exemple, qui vivait dans une forêt où la vigne poussait à l'état sauvage, et qui a pu peindre les chefs d'œuvres de la grotte de Lascaux, connaissait le vin»[1].
Les archéologues soviétiques ont estimé, par datage au carbone 14, avoir eu la preuve que le passage de la vigne sauvage à la vigne cultivée a eu lieu en Géorgie, vers la fin de l'âge de pierre, à peu près 5 000 ans avant notre ère.
La vigne, plante vivace, ne peut s'accommoder d'un dispositif cultural où l'exploitant de chaque parcelle changerait chaque année. Ce qui exclut toute jachère et tout assolement. «Chaque fois qu'un peuple abandonnait le nomadisme, il s'adonnait à la culture de la vigne, selon les préceptes des populations asiatiques»[2].
Sous l'Antiquité, Pline décrit six formes de conduite de la vigne : rampante, basse sous échalas, échalassée sans joug, à joug simple, à joug à quatre faces, en hautains. Quant à Virgile, il conseillait : «Plante tes vignes en ordre, que leurs rangs bien alignées, coupés par des allées régulières forment un ensemble idéalement symétrique. Telle, au cours de la guerre, la légion déploie ses cohortes et s'arrête dans la campagne découverte».
«Dans les vignes cultivées, et après plusieurs millénaires, se sont constitués des groupes assez homogènes, nés de la lambrusque, adaptés à un climat donné, qui sont constitués par ce qu'on nomme actuellement des cépages population, constitués de plusieurs clones, issus de la même souche, mais présentant des variétés différentes»[3].
«Un premier raisonnement contredit l'origine uniquement orientale de la vigne. Il paraît, en effet, complexe d'admettre que ceux qui seraient à l'origine de son transport auraient, doués d'un génie d'essence quasi divine, trouvé des variétés particulièrement dissemblables dont les unes auraient été, dès leur arrivée en France, adaptées aux Côtes du Rhône méridionales, d'autres aux vignobles de l'Hermitage et de Côte Rôtie, d'autres enfin à la Bourgogne, au Bordelais, à l'Alsace»[4].
Le mouvement naturel d'évolution de la vigne s'est arrêté au XIXe siècle. Les vignes sauvages européennes, dans leur quasi-totalité, ont été détruites par l'oïdium, le mildiou et le phylloxéra.
Les mots de la vigne et du vin
Ils sont assimilables à l'ensemble des termes de métier et ont été ou sont toujours utilisés par le vigneron ou le viticulteur :
- Chasse-cousin : mauvais vin.
- Cyathe : du grec kuathos = coupe, gobelet à long manche pour puiser le vin.
- Duge ou dugy : vase à boire cylindrique ou en forme de baril, pourvu d'un couvercle, qui fut en usage durant tout le Moyen Age jusqu'au XVI° s.
- Échamp : intervalle entre deux rangées de ceps, équivalent d'orne.
- Fesse-pinte : buveur intrépide, ivrogne. (corruption de feste-pinte).
- Fessou : houe triangulaire dont on se servait pour biner la vigne.
- Meigle, mègle ou meille : pioche en fer recourbée avec laquelle on donnait à la vigne son premier labour.
- Taravelle ou haque : plantoir utilisé dans le Bordelais et la Charente pour la vigne. Sa pointe était surmontée de deux montants à poignée formant étrier, le pied était positionné dans cet emplacement pour enfoncer le pal.
- Tribart : bâton ou dispositif de bâtons mis autour du cou de certains animaux (cochons, veaux, chiens) pour les empêcher de rentrer dans les vignes et manger du raisin.
- Vide-bouteille : petite maison de campagne, proche de la ville, où on se réunissait entre amis pour boire et festoyer, l'équivalent provençal est le cabanon.
Les fêtes du vin
Dès la plus haute antiquité, vignerons ou viticulteurs ont fêté leur production :
- Palestine
- La fête des Tabernacles (ou des Tentes), est la grande fête juive consacrée aux vendanges. Elle se déroule quinze jours après le début du nouvel an qui a lieu le 1er Tishri (1er octobre). Cette fête débute par un jeune de cinq jours : le Yom Kippour.
- Corse
- À Sainte-Lucie-de-Tallano pour marquer la fin des vendanges, deux branchettes disposées en croix sont dressées sur la dernière charge de raisins partant pour la cave (les branchettes de Saint-Martin). Toute personne peut par conséquent pénétrer dans les vignes et grappiller au nom de «Saint Martin» qui doit être proclamé en entrant.
Notes et références
- Hugh Johnson, Une histoire mondiale du vin
- Pierre Charnay, op. cit. , p. 7.
- Pierre Charnay, op. cit. , p. 8.
- Pierre Charnay, op. cit. , p. 9.
Bibliographie
- Louis Levadoux, Les populations sauvages et cultivées de Vitis vinifera, Annales de le perfectionnement des plantes, 1956.
- Louis Levadoux, La Vigne et sa culture, P. U. F., Paris, 1961.
- Pierre Charnay, Vignobles et vins des Côtes-du-Rhône, Éd. Aubanel, Avignon, 1985.
- Marcel Lachiver, Vins, vignes et vignerons. Histoire du vignoble français, éditions Fayard, Paris, 1988 (ISBN 221302202X)
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