Draveur
Les draveurs sont essentiellement des bûcherons qui, après un hiver complet en forêt, descendent, lors du dégel, les bois qu'ils ont entreposés sur les lacs et digues de fortune en bois et glace.
Catégories :
Folklore québécois - Histoire économique du Québec - Métier du bois - Métier manuel - Métier de la nature
Définitions :
- drave - Genre de crucifères le plus souvent alpines; Méthode pour transporter des troncs d'arbres par flottage sur un cours d'eau, un fleuve (source : fr.wiktionary)
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Les draveurs (raftmans) sont essentiellement des bûcherons qui, après un hiver complet en forêt, descendent, lors du dégel (la débâcle), les bois qu'ils ont entreposés sur les lacs et digues de fortune en bois et glace.
Histoire
Quand le temps se réchauffait, on faisait "sauter" la digue et les draveurs armés de leur "pique" ou "drave" poussaient le bois au gré du courant. Ils habitaient sur des radeaux avec une espèce de tente longée de bois nommée hutte. La drave pouvait durer plusieurs semaines. Arrivé le long du fleuve Saint-Laurent ou de ses principaux affluents, le bois était amené directement à la papetière (le moulin à papier) localisé en bord d'eau où des aires de stockage dans l'eau étaient préparées.
Cette méthode présentait l'avantage d'être particulièrement économique, puisque le bois s'en trouvait ramolli et presque fréquemment entièrement écorcé sans frais. Cependant, les conditions de travail particulièrement complexes (risques de maladie, hypothermie, noyades…) et son développement a amené à l'acidification ainsi qu'à la libération des métaux lourds dans l'eau (mercure, essentiellement), contenus dans les écorces des résineux. Le cours des rivières étant dérangé, cela pouvait être désastreux pour les poissons mais aussi pour les nations autochtones qui dépendaient de la pêche.
La rivière Saint-Maurice fut la dernière rivière dravée au Québec. Il existe toujours de la petite drave en Colombie-Britannique, dans les rivières de montagne près de la mer mais les bateaux prennent vite le relais des draveurs journaliers.
Ce métier, mal payé et miséreux, était le plus souvent exercé par des agriculteurs inactifs l'hiver et pauvres (Canadien français (Québec, Ontario), Acadiens, Irlandais, Écossais et même Anglais, quoique ces derniers étaient fréquemment contremaîtres ("foreman") du fait de leur connaissance de la langue du patron. Les Anglais propriétaires-commerçants les surnommaient les "castors" (du fait de leur hutte, leur ingéniosité, leur tempérament et leur acharnement) et le castor est ensuite devenu, en partie pour cette raison l'emblème animalier du Canada.
Plusieurs légendes viennent des draveurs, tels que celle du diable des forges Saint-Maurice[1]. Le plus célèbre des draveurs est sans aucun doute le légendaire Jos Montferrand ayant vécu à Hull et dont la mémoire reste dans la culture populaire québécoise par une chanson.
La microbrasserie Unibroue a lancé une bière du nom de «Raftman» en leur honneur.
Références
Bibliographie
- Félix-Antoine Savard, Menaud, maître-draveur, 1937.
Voir aussi
Article connexe
- Tourne-billes à éperon, outil utilisé pour manipuler les billots
Liens externes
- ONF, La Valse du maître draveur, un court-métrage animé, avec chanson par les Sœurs McGarrigle. (en) Log Driver's Waltz
- ONF, La Drave, un court-métrage de Raymond Garceau, 1957, avec chanson de Félix Leclerc.
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